Great North Surf Expedition nº 4


....

On était très loin d'imaginer que nos efforts allaient être à ce point récompensés. Au fond du gouffre, au bord de la rupture, dans le rouge complet à aller chercher loin dans nos réserves on arrive enfin à destination : Pasagshak ; petit village de pêcheurs par lequel on devait passer pour atteindre Fossil Beach, où on veut établir notre surfcamp pour la semaine à venir. A peine amarrés sur la plage, en tentant désespérément de tirer nos lourds packrafts, un homme surgit de nul part : "Guys you look exhausted, would you like me to make a good meal for you?". On croyait rêver. Mike le sauveur. Retraité pêcheur, ancien entrepreneur dans le bâtiment, nous sauve du KO. Arrivée chez lui, deux bieres fraîches. "Arnaud, pince moi pour voir!". On dévore de plein fouet son repas pendant lequel il nous raconte ces aventures aussi folles les unes que les autres sur cette île. Par dessus le marché, à l'image de tous les Kodiakien qu'on a rencontré depuis notre débarquement sur l'île, il nous offre nourriture, dont trois belles pièces de saumons fraîchement pêchés, pour qu'on puisse tenir la semaine. Du moins c'est ce qu'on croyait...

 

Quelques heures après on arrive sur le spot de surf tant attendu qui nous servira de "maison" pour la semaine à venir. Une magnifique vague se dessine sous une lumière ocre de fin de journée, sur une dalle, devant un panorama à couper le souffle de montagnes enneigées. Le rêve! La journée se termine par une session au soleil couchant, dans l'eau à 7 degrés de Kodiak Island, Alaska. Le surf en Alaska est un sport radicalement différent du surf en Australie. Non seulement il faut s'équiper d'une combinaison épaisse  (la notre fait 5mm d'épaisseur), de gants, de chaussons, et d'une cagoule qui font que ramer devient tout de suite beaucoup plus physique, mais c'est un état d'esprit aussi à part. Ici, personne (ou presque) à l'eau. Partager une vague entraîne des cris de joie (PARTY WAVE!!), et il y en a plus que pour tout le monde (on a surfé la plupart du temps juste tous les deux).Et bien sûr, le décor est à couper le souffle. 

N'ayant plus qu'une planche, pour cette première session Arnaud enfile les palmes et s'essaie au bodysurf (qui consiste à rider la vagues sur le ventre, sans planche, bras tendu pour se diriger dans la face). Cyril enfourche la planche et on se partage les vagues, étant les deux seuls à l'eau. 

Ce camp se trouvait à la toute fin d'une dirtroad non loin de la base des Coastguards. Après le repos et l'amusement, on décide de s'installer comme il se doit entre les deux falaises dessinant la plage, entre l'océan et un petit lac le surplombant. Coupage de bois, mise en place de la "cuisine/salle à manger" (à une trentaine de mètres minimum du campement. Attention aux ours!), étendoir dans la "chambre" en gros rondins de bois posés sur le sol, montage et organisation de la tente, et au lit! Puis l'attente désespérée des vagues...

Malgré un temps radieux qui nous a suivi tout au long de cette semaine de surf, deux problèmes sont apparus : le Vent, avec un grand V, puis le manque de vagues! Le bonheur n'était que de courte durée. En pleine nuit, la tente se plie pour venir toucher nos têtes, puis vlaaam! Elle se décroche, afin de nous rappeler que nous somme bien au coeur de L'Alaska. Bricolage dans les bourrasques pour fixer notre "maison" par le biais de deux gros rondins. Par dessus le marché, au réveil, une mer d'huile devant nos yeux. Pas UNE vague dû a un manque total se houle. Quel dommage, étant donné le vent offshore qui aurait pu creuser parfaitement nos vagues tant espérées!

Lectures, écriture, ballades, feux, cuisine, beaucoup de cuisine (il faut compenser le manque récent de nourriture!), nous ont donc accompagné quotidiennement pendant quelques jours. On partait à tour de rôle en excursion dans les hauteurs à travers les vieilles ruines et bunkers datant de la seconde guerre mondiale (avec nos bearsprays. "Who knows!?). On cuisinait avec précaution le saumon de Mike que l'ont plaçait sur de fines branches vertes mouillées. Bref, la vie tranquille de Robinson, en attendant nos belles vagues.

Arnaud & Cyril

Suivez-les sur :
....